Pourquoi détruisons nous notre planète ?

Pure produite des années 70, j’ai grandi dans un monde où la consommation était brandie comme une valeur cardinale. Le monde devenait un immense supermarché où, si vous payez, vous pouvez avoir tout ce que vous souhaitez sans vous soucier des conséquences sociales, environnementales. Mais derrière cet accès au confort à portée de main se cache une réalité tragique, notre planète se meurt dans l’indifférence générale. Le constat est accablant, nous avons exterminé 80% des insectes en 30 ans qui sont pourtant la base de la chaîne alimentaire, nous avons pollué l’ensemble de nos sols, de nos cours d’eau, nos océans. Il ne reste plus que 4% d’animaux sauvages pendant que des milliards d’animaux survivent dans des fermes usines sans même voir la lumière du jour.

Un génocide et un écocide planétaire se déroulent depuis des décennies et pourtant nous détournons collectivement les yeux tout en continuant à accélérer sans que cela nous pose problème. Comment notre cerveau si sophistiqué peut-il creuser sa propre tombe ? L’une des réponses se trouve dans notre boîte crânienne, et plus précisément notre cerveau primaire, le striatum, notre ennemi intérieur qui nous entraîne dans un mur. Tous les vertébrés, des poissons, aux mammifères, des oiseaux, aux traders d’une banque, ont ce striatum. Véritable passeport pour la survie, il nous récompense avec une super drogue : la dopamine, la molécule du plaisir qui nous pousse à réaliser inlassablement 5 objectifs  le plus rapidement possible, sans penser aux longs termes. Tel un drogué, notre striatum ne cherche pas à se limiter, il vit l’instant présent et n’est pas du tout câblé pour vivre dans un monde d’abondance, au plaisir instantané et à la consommation illimitée.

L’un de ces 5 commandements est de manger et si l’on exécute son ordre, il nous récompense avec de la dopamine et du plaisir. Si, par malheur, vous lui en donnez moins, il coupe l’apport de dopamine. Notre consommation de nourriture a donc explosé avec pour conséquences funestes toujours plus de pesticides, d’arbres abattus, un effondrement du vivant, des souffrances animales et une pollution massive des sols, des fleuves, des océans sans parler des cancers, surpoids, avc. Second commandement : le sexe. Certes, la natalité décline, mais pas les visionnages de vidéos pornos qui représentent 35% des vidéos visionnées sur le net. Pas de séduction, pas d’effort social, pas de rejet possible, par contre, explosion de notre bilan carbone. Notre striatum est également extrêmement friand d’informations car plus vous avez de connaissances, plus vous avez de chances de survivre. Infos en continu, scrolling sur votre portable, tout est là pour que vous ayez votre shoot de dopamine. Quatrième besoin et non des moindres, acquérir du pouvoir ou du statut social qui vous permettra plus de nourriture, de sexe, d’informations. Pour le statut social, les réseaux sociaux et ses likes viennent combler cela, et pour ce qui est du pouvoir, nous déroulons depuis toujours le tapis rouge  pour nos puissants qui  personnifient la réussite et à ce titre sont perçus comme des demi-dieux que beaucoup ont envie d’imiter, accentuant d’autant plus le réchauffement climatique. Pas de chance, ils sont ceux qui nous poussent à consommer plus et détruisent le plus la planète. Les 1% les plus riches polluent davantage que les 50% les plus pauvres et ont donc un rôle majeur dans la destruction de notre terre. On comprend mieux pourquoi l’état de notre monde ne fait pas la une des journaux et des plateaux télés qui sont détenus par ces gens de pouvoir. Et pour finir, dernier besoin à assouvir, réaliser les quatre premiers besoins avec un minimum d’effort et ça tombe bien, notre monde nous propose cela sur un plateau d’argent. La nourriture est présente à chaque coin de rue, le sexe est à portée de clics sur le net, l’information est en continu sur nos portables, le pouvoir se compte désormais en nombre de likes sur nos réseaux sociaux et tout ça avec un minimum d’effort. Notre striatum se frotte les mains, laissant derrière lui une planète à l’agonie.

Alors, sommes-nous voués à l’échec ? Si nous restons dans notre striatum, sans aucun doute, mais si nous utilisons l’ensemble de notre cerveau, nous pouvons inverser la donne. Il suffit de réfléchir avant d’agir, se poser la question si cela fera du bien à la planète ou à soi et quand on agit pour quelque chose de plus grand qu’une récompense immédiate, le cerveau change de dynamique. Le striatum adore les récompenses immédiates (scroll, sucre, porno, etc.) pour vous bombarder de dopamine qui ne dure pas.  Si vous souhaitez une dopamine stable qui dure, rien de mieux que les projets à long terme tels que, apprendre une langue, faire du sport, construire un projet comme par exemple sauver notre planète. Pour que cela arrive et que la motivation soit au rendez-vous, vous n’aurez pas le choix que de réduire les super stimuli de votre striatum, donc moins de junk food, de scrolling… et pour vous soulager, rien de mieux que du sport, de la méditation ou des balades en nature. Le cerveau humain est programmé pour vouloir toujours plus, mais la capacité humaine unique est de mettre du sens et des limites à ces impulsions. Donc, en faisant autrement, nous pouvons déprogrammer notre cerveau.