L’homme est capable de prouesses technologiques incroyables, de nous permettre de vivre plus longtemps, de nous faire rêver au travers de récits, de musiques, de films sublimes et, en même temps, il détruit la planète depuis l’ère industrielle à une vitesse vertigineuse. Surpopulation, surpoids, surproduction, surconsommation, surchauffe, surendettement, nous avons basculé dans l’ère de tous les superlatifs qui mène l’humanité tout droit à sa perte. Alors pourquoi nous ne réagissons pas ?
Sébastien Bohler, docteur en neuroscience, nous invite à regarder notre cerveau où se joue une terrible guerre. D’un côté, le cortex préfrontal, siège de la réflexion, de la projection future et du contrôle des pulsions et, de l’autre, le striatum, plus ancien, donc le mot d’ordre est le plaisir immédiat sans se soucier des conséquences pour notre environnement. Ce petit bout de cerveau nous a habitués depuis toujours à poursuivre 5 objectifs pour notre survie et pour nous récompenser, il nous délivre une super drogue la dopamine.
Tel un drogué, notre striatum ne cherche pas à se limiter, il veut manger, se reproduire, obtenir de l’information, faire un minimum d’effort et acquérir du pouvoir pour avoir plus de nourriture, de sexe, d’informations et de temps. Ces comportements étaient essentiels à notre survie ; aujourd’hui, dans un monde d’abondance, ils nous rendent addicts au plaisir instantané et à la consommation illimitée. La nourriture est présente à chaque coin de rue, le sexe représente 35% des vidéos visionnées sur le net, l’information est en continu sur nos portables, nous pouvons tout avoir en un clic et le pouvoir se compte désormais en nombre de likes sur nos réseaux sociaux.
Le striatum nous pousse vers le confort immédiat et le plus possible, ce qui entre en conflit direct avec l’action climatique qui demande des efforts présents pour éviter des catastrophes futures. Nous sommes devenus de petits rois insatiables, esclaves de nos désirs. Ce minuscule bout de cerveau qui était essentiel à notre survie ; aujourd’hui, dans un monde d’abondance, est devenu notre tyran. Résultat des courses : nos comportements collectifs restent alignés sur le court terme, alors que la solution demande des sacrifices immédiats pour des bénéfices futurs. Mais, comme l’explique Sébastien Bohler, le match striatum cortex préfrontal n’est pas encore plié.
















