pourquoi se révolter ?
Malgré les multiples alertes des scientifiques, malgré les manifestations pour le climat, malgré les actions des militants écologistes, et malgré des températures qui explosent ainsi qu’une biodiversité qui s’effondre, les écologistes sont encore, au mieux, accusés de desservir leur propre cause, et au pire, qualifiés de dangereux « éco-terroristes ».
Cela fait des années que nous prévenons. Des années que nous manifestons. Des années que nous demandons des changements à la hauteur de l’urgence. Désormais, il ne suffit plus de parler : il est temps de se révolter. Qui sont réellement les « éco-terroristes » ? Ceux qui alertaient depuis des décennies que nos vies allaient être profondément bouleversées ? Notre climat a déjà changé et, lui, ne négocie pas. Deux canicules en quelques semaines, alors que l’été commence à peine. Des milliers de morts. Des millions d’animaux qui agonisent. Des forêts qui crâment. Des océans qui s’asphyxient. Une biodiversité qui s’effondre sous nos yeux.
Il est temps d’agir. Il est temps de transformer notre rapport au monde : notre manière de consommer, de voyager, de nous nourrir, de travailler. L’ancien monde est en train de s’effondrer. Nous devons en construire un nouveau, où la priorité sera d’inclure l’humanité au sens large : aux animaux, aux plantes, aux océans, aux forêts, sans oublier chaque personne, quelles que soient son origine, son sexe ou son orientation sexuelle. Cela vous paraît irréaliste ? Pourtant, si les températures continuent d’augmenter, c’est bien le chaos climatique, social et économique qui deviendra notre réalité.
Je crois que l’être humain est capable du pire comme du meilleur. Face à l’adversité, il se transforme, il coopère, c’est une question de survie. Lors d’un tremblement de terre ou d’une catastrophe, personne ne demande à son voisin s’il est Malien, Palestinien ou Portugais. Notre nature la plus profonde est l’entraide. Il est temps de nous rassembler pour mettre fin aux agissements d’une minorité qui détruit notre bien le plus précieux au détriment de l’immense majorité. Le reste est une question de pédagogie : apprendre que l’on peut être heureux en voyageant moins, en mangeant moins de viande, en consommant autrement et en protégeant l’ensemble du vivant.
Alors oui, si défendre le vivant, écouter la science et refuser l’inaction font de moi un « éco-terroriste », alors je l’assume. Qui sont les véritables extrémistes ? Ceux qui bloquent une route ou jettent de la peinture sur un tableau ? Ou ceux qui continuent, en parfaite connaissance des conséquences, à défendre un système qui détruit les conditions mêmes de notre existence ?
Je suis un « éco-terroriste » seulement aux yeux de ceux qui refusent de voir l’urgence.
Nous n’avons plus besoin de promesses. Nous avons besoin d’un sursaut.
L’heure est à la résistance car le climat ne nous attendra pas.
Révoltons-nous massivement.


















