La révolte lycéenne

Depuis quelques jours, une partie de la jeunesse est dans la rue avec des revendications simples : plus de moyens pour l’école, de meilleures conditions d’apprentissage et un avenir à la hauteur de leurs attentes.
 
La valse des chiffres devrait pourtant nous interpeller. Depuis 2017, 10 000 postes de professeurs ont été supprimés, 24 % des adolescents déclarent avoir eu des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois, deux tiers des sites scolaires sont antérieurs à 1970, sans parler du fait qu’on leur lègue une planète qui crame, aux portes du fascisme global.
 
Depuis trop longtemps, on détruit les services publics : l’école, l’hôpital, la justice…
 
Tout en demandant toujours plus aux citoyens et en occultant les outils démocratiques qui leur permettent de se faire entendre. Des pétitions réunissant des milliers de signatures restent sans réponse. Des mobilisations sont réprimées par la force. Quant aux résultats des élections, à l’image des législatives, Macron, malgré sa défaite, continue une politique favorable aux plus fortunés.
 
Nos enfants descendent dans la rue. Et que regarde-t-on ?
 
Les débordements de quelques-uns, plutôt que leurs revendications et leurs inquiétudes face au monde que nous sommes en train de leur laisser. Au lieu de les écouter, on décrédibilise, on réprime, on fait taire, avec l’appui d’une partie des médias qui transforme une mobilisation de milliers de jeunes en sujet sur la violence de quelques-uns, plutôt que de se focaliser sur leurs revendications légitimes.
 
Une démocratie ne se construit pas à coups de matraque.
 
À force de ne plus écouter, on nourrit la colère. La démocratie, le peuple, la planète sont en burn-out, et notre jeunesse refuse de porter seule le poids de nos erreurs. Alors peut-être qu’il est temps d’arrêter de demander aux jeunes de s’adapter au monde que nous leur imposons et de leur donner les moyens d’en construire un autre.
Parce que leur avenir ne devrait pas être une conséquence de nos renoncements.
Il devrait être notre priorité.