un champignon mangeur de plastique

Chaque année, plus de 400 millions de tonnes de plastique sont produites dans le monde, mais moins de 10 % sont recyclées. Le reste est incinéré, enfoui ou abandonné dans la nature, où il finit par contaminer les sols et les océans, mettant des centaines d’années à se dégrader.

En 2011, des étudiants de Yale ont fait une découverte remarquable au cœur de la forêt amazonienne, en Équateur : un champignon capable de se nourrir de plastique, en particulier de polyuréthane. Son nom : Pestalotiopsis Microspora. Fait encore plus étonnant, il peut dégrader ce matériau sans oxygène et dans l’obscurité, à l’inverse de nos procédés actuels qui nécessitent oxygène, lumière UV et températures élevées.

Son utilisation dans des environnements pollués pourrait permettre d’accélérer la dégradation de certains plastiques et ainsi réduire leur impact sur les sols et les nappes phréatiques. Bien qu’il ne soit pas le seul champignon à posséder cette capacité, il est unique par son fonctionnement en absence d’oxygène, ce qui en fait un candidat particulièrement prometteur pour traiter le polyuréthane.

Moins coûteuse que les méthodes industrielles actuelles, cette solution reste toutefois limitée : ce champignon ne peut pas dégrader tous les types de plastique (comme le polyéthylène, le polystyrène, le PVC ou le PET). De plus, son introduction hors de son milieu naturel, l’Amazonie, pourrait poser des risques écologiques, notamment celui de devenir une espèce invasive.

Cette découverte rappelle néanmoins que la nature, si on prend le temps de l’étudier, peut offrir des réponses innovantes aux problèmes que l’humanité a elle-même créés.

Source : Cercle Magazine