plantons des arbres
Pour se donner bonne conscience face à nos émissions de gaz à effet de serre, la solution semble toute trouvée : plantons des arbres ! Un aller-retour en avion ? Un arbre. Un nouveau téléphone ? Un arbre. Et voilà… nous pouvons continuer à détruire tranquillement notre planète : on compense, on sauve la Terre et notre conscience est détendue.
Sauf que chaque seconde, l’équivalent d’environ un terrain de football de forêt disparaît dans le monde. Replanter au même rythme est impossible et, surtout, des jeunes arbres ne remplaceront jamais, en quelques années, la biodiversité et la capacité de stockage du carbone d’une forêt ancienne.
Avec les sécheresses, les canicules et les incendies, nos jeunes arbres, qui ont besoin de beaucoup d’eau, peuvent mourir et se décomposer, libérant une partie du CO₂ qu’ils avaient stocké et contribuant ainsi à augmenter nos émissions carbone. Pire encore, les plantations d’arbres destinées à l’industrie, qui explosent à travers le monde, sont loin d’être des forêts naturelles.
Pour qu’une forêt constitue réellement un puits de carbone, il faut qu’elle soit vivante, diversifiée et durable. Une plantation d’arbres destinée à produire rapidement du bois ou du papier n’a pas du tout la même valeur écologique qu’une véritable forêt. Une monoculture abrite une biodiversité très limitée et se révèle particulièrement vulnérable aux maladies, aux sécheresses et aux incendies, comme on a pu le constater cette année avec les incendies en France.
Parce qu’une forêt, ce n’est pas simplement une collection d’arbres. Et planter des arbres pour continuer à détruire toujours plus n’est pas une solution : c’est du greenwashing. La véritable priorité devrait être de stopper la déforestation, protéger les forêts existantes, restaurer les écosystèmes dégradés et créer les conditions permettant aux forêts naturelles de se régénérer. Le meilleur arbre pour sauver le climat est simplement celui qu’on ne coupe pas.















