Olivier HAMANT
Et si notre obsession de la performance était en train de nous conduire dans le mur ?
Pour le biologiste Olivier Hamant, le vivant nous enseigne exactement l’inverse de ce que nous construisons.
Depuis des siècles, nous cherchons à produire plus, à aller plus vite, à contrôler davantage, à être plus efficaces. Nous avons exploité la nature comme si ses ressources étaient infinies. Nous avons privilégié la performance, et le plus performant est, dans un monde d’abondance, le plus violent.
Mais le monde devient instable : climat, biodiversité, ressources, sociétés, géopolitique… Dans un monde instable, rechercher toujours plus de performance et de contrôle nous rend vulnérables et nous entraîne dans le mur. Le vivant, lui, fonctionne tout autrement.
Il mise sur la diversité, la coopération, l’adaptation et la robustesse. Pas sur la perfection. Pas sur le contrôle absolu. La performance cherche à dominer le monde, les peuples, les femmes, les animaux, la biodiversité. À contrario, la robustesse cherche à y vivre, à coopérer avec les humains comme avec les non-humains. Et si notre véritable progrès consistait enfin à apprendre à coopérer avec le vivant plutôt qu’à vouloir le contrôler ?
Le futur ne sera pas celui des plus forts, mais celui de ceux qui sauront coopérer. Et, espérons-le, ceux qui chercheront malgré tout à rester les plus performants seront perçus comme des ringards qui n’auront plus leus places dans un monde instable.


















